Technique et autonomie
Suivi en intérieur : localiser là où le GPS ne passe pas
Sous une toiture, un traceur ne voit aucun satellite. Le balayage WiFi donne alors une position approximative. Comment ça marche, quelle précision attendre, et les alternatives.
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Un traceur perd sa capacité de localisation dès qu'il n'a plus de vue du ciel. C'est un problème récurrent en logistique : un envoi passe une part importante de son temps sous toiture, entrepôts, plateformes, zones de fret, c'est-à-dire précisément là où on aimerait savoir où il est.
Pourquoi le satellite ne passe pas
Les signaux satellitaires arrivent de très loin, à très faible puissance. Une toiture, une dalle de béton, un bardage métallique les atténuent au point de les rendre inexploitables.
Dans un entrepôt, un traceur cherchera donc sa position, échouera, et abandonnera, après avoir consommé de l'énergie pour rien. C'est d'ailleurs l'un des cas où un appareil se vide plus vite que prévu : les tentatives infructueuses coûtent autant que les réussies.
Le balayage WiFi
La solution repose sur une observation simple : dans un bâtiment, il y a presque toujours des réseaux WiFi, et ils ne bougent pas.
Le traceur relève la liste des réseaux visibles autour de lui, leurs identifiants matériels et leur puissance de réception, et transmet cette liste. Cette empreinte, comparée à des bases de données recensant l'emplacement des points d'accès, permet d'estimer une position.
Point important : le traceur ne se connecte à aucun réseau. Il ne demande aucun mot de passe, n'accède à aucune donnée, ne consomme pas la bande passante. Il écoute passivement des balises que ces réseaux diffusent en permanence.
Le HOROMAP GRIFFIN dispose de cette capacité, ce qui explique son positionnement sur le fret : c'est précisément là que le besoin se pose.
Quelle précision attendre
Nettement moins bonne qu'une position satellite en extérieur, mais infiniment mieux que rien.
En pratique, on obtient une position à quelques dizaines de mètres en zone dense en réseaux, zone urbaine, bâtiment équipé. En zone isolée, où peu de réseaux sont visibles, la précision se dégrade fortement, jusqu'à devenir inexploitable en l'absence totale de point d'accès.
Cela suffit pour répondre à « dans quel entrepôt se trouve cet envoi », pas pour répondre à « sur quel quai ».
Les autres méthodes, et leurs limites
La position cellulaire. Estimée à partir des antennes visibles. Disponible partout où il y a du réseau, mais très grossière : plusieurs centaines de mètres en ville, plusieurs kilomètres en zone rurale. C'est un ordre de grandeur, pas une position.
La proximité Bluetooth. Une passerelle installée dans le bâtiment détecte les balises à portée. Ce n'est pas une localisation, mais une présence, savoir qu'un objet est dans le rayon de telle passerelle. Sur un site où l'on maîtrise l'installation, c'est souvent la solution la plus fiable et la moins coûteuse : voir notre article sur les passerelles Bluetooth.
La dernière position connue. À ne pas négliger : savoir qu'un envoi est entré dans un entrepôt à 14 h 20 et n'en est pas ressorti est déjà une information exploitable, sans aucune localisation intérieure.
Lire une position en connaissant sa source
Une plateforme sérieuse indique d'où vient chaque position : satellite, WiFi ou cellulaire.
Cette information n'est pas un détail technique. Une position cellulaire à deux kilomètres affichée comme une position satellite laisse croire qu'un équipement a bougé alors qu'il n'a pas quitté sa place. C'est une source classique de fausse alerte, et de décisions prises sur une donnée mal interprétée.
La règle : quand la précision d'une position est mauvaise, mieux vaut le savoir que d'avoir un point net et faux.
Quelle stratégie selon le besoin
Suivre un envoi de bout en bout, entrepôts compris : un traceur avec balayage WiFi. Vous aurez des positions précises en extérieur, approximatives à l'intérieur, et surtout une continuité de l'information.
Savoir ce qui se trouve dans un bâtiment que vous exploitez : des balises sur les objets, une ou plusieurs passerelles fixes. Moins cher, plus fiable, et adapté à un inventaire.
Savoir simplement si un équipement est encore sur site : une géofence autour du site suffit, sans localisation intérieure. C'est souvent la réponse la plus simple à un besoin qu'on avait formulé de façon plus ambitieuse qu'il ne l'était.
L'effet sur l'autonomie
Un balayage WiFi consomme moins qu'une recherche satellite complète, mais ce n'est pas gratuit.
L'intérêt énergétique réel vient d'ailleurs : un appareil qui bascule sur le WiFi après un échec satellite arrête de chercher en vain. Sur un envoi qui passe des jours sous toiture, cela évite des dizaines de recherches infructueuses, et le gain d'autonomie compense largement le coût du balayage.
L'estimateur d'autonomie tient compte de ces modes dans son calcul pour les appareils concernés.
Vue d’ensemble du sujet : Traceur GPS pour la supply chain.