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Technique et autonomie

Les piles lithium des traceurs : LiFeS2, LTC, et pourquoi ça compte

Deux chimies lithium, deux comportements, un écart d'autonomie réel. Ce qui les distingue, comment choisir, et pourquoi les piles alcalines sont à proscrire.

5 min de lecture

Trois piles AA au lithium-fer marquées Li/FeS2 1,5 V, non rechargeables, posées sur un plan de bois.
Photo Ural-66, CC BY-SA 3.0. Recadrée.

Le choix de la pile n'est pas un détail d'intendance sur un traceur : c'est ce qui détermine s'il tiendra huit ans ou dix-huit mois. Deux chimies lithium sont utilisées dans le suivi d'assets, et elles ne se comportent pas de la même façon.

Pourquoi pas d'alcalines

Commençons par ce qu'il ne faut pas faire, parce que c'est l'erreur la plus coûteuse et la plus discrète.

Une pile alcaline voit sa tension décroître progressivement à mesure qu'elle se décharge. Or un traceur a besoin d'une tension minimale pour fonctionner, notamment au moment d'émettre, qui est le pic de consommation. Résultat : l'appareil s'arrête bien avant que la pile soit réellement vide, parce que la tension est tombée sous le seuil.

Une pile lithium, elle, maintient une tension quasi constante sur presque toute sa décharge, puis chute brutalement en fin de vie. L'appareil exploite donc la quasi-totalité de la capacité.

S'ajoutent deux différences décisives : les alcalines supportent mal le froid, et un traceur passe souvent l'hiver dehors, et leur auto-décharge est nettement plus élevée, ce qui interdit toute autonomie pluriannuelle.

Sur un appareil donné pour plusieurs années, des alcalines diviseraient l'autonomie réelle sans qu'aucune fiche technique ne l'annonce.

LiFeS2 : lithium fer disulfure

C'est la chimie des piles lithium grand public en formats AA et AAA, celles qu'on trouve sous l'appellation « ultimate lithium ».

Ses atouts. Une capacité élevée pour le format, une excellente tenue au froid, bien meilleure que l'alcaline, une auto-décharge faible, et une disponibilité universelle en grande distribution comme en magasin professionnel.

Ses limites. Sur des durées très longues et des sollicitations très espacées, elle est un peu moins performante que le lithium-thionyle.

Quand la choisir. C'est le choix par défaut pour la plupart des usages, et notamment dès que la capacité brute prime.

LTC : lithium-thionyle

C'est une chimie de niche industrielle, faite pour les objets qui doivent tenir des années sans intervention.

Ses atouts. Une auto-décharge extrêmement faible, quelques pour cent par an, et une plage de température de fonctionnement très large, y compris par grand froid. Sur des durées de plusieurs années avec des sollicitations espacées, elle prend l'avantage.

Ses limites. Elle supporte moins bien les appels de courant élevés et répétés, ce qui la rend moins adaptée à un usage intensif. Et elle ne se trouve pas en grande distribution.

Quand la choisir. Sur du matériel exposé au froid durablement, ou sur un suivi périodique très espacé où l'auto-décharge devient le facteur limitant.

Le cas de l'OYSTER : deux chimies au choix

L'OYSTER est le seul traceur du catalogue proposé dans les deux chimies. Le choix n'est pas cosmétique : à configuration identique, l'écart d'autonomie entre les deux est significatif, dans un sens ou dans l'autre selon le réglage retenu.

C'est justement pour cela que l'estimateur d'autonomie demande la chimie : le modèle de calcul utilise des constantes différentes pour chacune. Comparer les deux sur votre configuration réelle prend dix secondes, et évite un choix par défaut qui coûterait des mois d'autonomie.

Les autres modèles n'offrent pas ce choix : le YABBY fonctionne en LiFeS2, le REMORA en LTC, cohérent avec sa vocation de très longue durée.

Formats et capacités

Le format n'est pas neutre. Une pile AA contient nettement plus d'énergie qu'une AAA, simplement parce qu'elle est plus grosse.

C'est ce qui explique qu'un YABBY, plus compact, tienne moins longtemps qu'un OYSTER à réglages identiques. Ce n'est pas une différence de qualité : c'est le prix du volume, et c'est un arbitrage à faire en connaissance de cause quand la discrétion prime.

Le REMORA, lui, utilise des batteries de plus forte capacité, remplaçables par lot de deux, ce qui explique à la fois son encombrement et sa longévité.

Remplacer les piles

Suivre le niveau. Le traceur remonte son niveau de batterie et la plateforme alerte quand il devient bas, puis critique. L'alerte de niveau bas arrive suffisamment tôt pour permettre de planifier.

Remplacer par lots. Sur un parc, grouper dix remplacements sur une tournée coûte bien moins que dix interventions séparées. C'est tout l'intérêt d'être prévenu tôt.

Remplacer toutes les piles ensemble. Ne jamais mélanger une pile neuve et deux usagées : la plus faible limite l'ensemble, et l'autonomie s'effondre.

Respecter la chimie et le format d'origine. Un OYSTER configuré pour du LTC et alimenté en LiFeS2 fonctionnera, mais son autonomie ne correspondra plus à ce qui était estimé.

Recycler. Les piles lithium relèvent des filières de collecte dédiées. Elles ne vont ni à la poubelle, ni au tout-venant.

Le coût réel

Un lot de trois piles lithium coûte 14,40 € TTC ; les batteries du REMORA, 52,20 € TTC le lot de deux. Ces montants sont toutes taxes comprises, TVA française à 20 %.

Rapporté à plusieurs années d'autonomie, c'est le seul coût récurrent d'un traceur en achat unique, de l'ordre de quelques euros par an et par appareil. C'est ce qui rend la comparaison avec un abonnement mensuel aussi tranchée : le détail du calcul est dans notre article sur le coût réel d'un traceur.