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Suivi d'attelage : savoir quelle remorque est partie derrière quel tracteur

Dans un parc où les remorques sont trois fois plus nombreuses que les tracteurs, l'attelage réel n'est écrit nulle part. Comment le reconstituer automatiquement.

6 min de lecture

Longue file de semi-remorques dételées, béquilles posées au sol, alignées derrière une clôture grillagée dans une cour de dépôt.

Dans la plupart des parcs, les remorques sont deux à trois fois plus nombreuses que les tracteurs. C’est une bonne organisation : la remorque attend chargée, le tracteur enchaîne. Mais elle produit un angle mort permanent, et cet angle mort coûte de l’argent tous les jours.

Personne ne sait, à un instant donné, quelle remorque est derrière quel tracteur. L’information existe, mais elle est dans la tête du conducteur qui est parti ce matin, et elle n’est écrite nulle part.

Ce que ça coûte, concrètement

Ce n’est pas une question de vol. C’est une question de temps perdu, tous les jours, par plusieurs personnes.

L’exploitant appelle le conducteur pour savoir ce qu’il tire. Le client demande où est sa marchandise, et il faut deux appels pour le lui dire. On envoie un tracteur chercher une remorque qui a déjà été prise le matin. Une remorque chargée dort trois jours dans une cour parce que personne ne savait qu’elle était disponible. Un contrôle demande de justifier un attelage, et la réponse repose sur la mémoire de quelqu’un.

Aucun de ces incidents n’est grave. Ensemble, ils occupent un poste à plein temps dans beaucoup d’exploitations.

Deux façons de le résoudre, et elles ne coûtent pas pareil

Un traceur par remorque

C’est la solution évidente. Chaque remorque a sa position propre, indépendamment de ce qui la tire. Elle marche parfaitement, et elle a un défaut simple : elle coûte un boîtier par remorque, sur un parc où les remorques sont justement les plus nombreuses.

Elle reste la bonne réponse pour les remorques qui restent dételées longtemps, loin de tout. Une remorque qui passe des semaines sur un site client, hors de portée du moindre tracteur équipé, doit avoir sa propre voix. L’OYSTER convient bien : compact, sur trois piles AA au lithium que vous remplacez vous-même, il se pose sans intervention sur le véhicule.

Une passerelle sur le tracteur, des balises sur les remorques

C’est l’autre montage, et c’est celui qui change l’économie du problème.

Le principe tient en deux rôles. Le REMORA est posé sur le tracteur. En plus de sa fonction habituelle, il balaie périodiquement son environnement Bluetooth et remonte ce qu’il entend. Les remorques, elles, portent une balise Bluetooth, beaucoup moins chère qu’un traceur cellulaire, qui n’a pas de carte SIM et ne parle qu’à quelques mètres.

Quand le tracteur attelle une remorque, il entend sa balise, et il continue de l’entendre pendant tout le trajet. L’attelage se reconstitue tout seul, sans que personne ne saisisse quoi que ce soit. Quand il dételle, il cesse de l’entendre, et l’association se termine à l’endroit et à l’heure où elle s’est terminée.

Un point qu’il faut avoir en tête avant de commander : une balise Bluetooth ne remonte rien toute seule. Sans un traceur passerelle à portée, elle ne dit rien à personne. Seuls le REMORA et le GRIFFIN savent jouer ce rôle. Le fonctionnement détaillé est expliqué dans notre article sur les passerelles Bluetooth.

Ce que le montage mixte donne réellement

Il faut être précis sur ce qu’on obtient, parce que la tentation est de croire qu’on obtient une position par remorque. Ce n’est pas le cas.

Ce que vous obtenez : la composition de l’attelage, en continu et sans saisie. Quelle remorque est derrière quel tracteur, depuis quelle heure, et où l’association a commencé et fini. Sur un parc où cette information n’existait nulle part, c’est le gain principal.

Ce que vous obtenez aussi, indirectement : la position de la remorque attelée, qui est celle du tracteur. Tant qu’elle roule, vous savez où elle est.

Ce que vous n’obtenez pas : la position d’une remorque dételée dans une cour où aucun tracteur équipé ne passe. Elle est là où elle a été laissée, et le système vous dit où et quand elle a été dételée, ce qui suffit dans un dépôt et ne suffit pas sur un site client lointain.

D’où le montage réel de la plupart des parcs : la passerelle et les balises pour le gros du parc, et un traceur autonome sur la poignée de remorques qui partent longtemps et loin.

Le réglage qui décide de la qualité du résultat

La fréquence de balayage Bluetooth du tracteur détermine la finesse de l’historique. Un balayage rare donne un attelage juste mais daté approximativement. Un balayage fréquent donne l’heure précise de l’attelage et du dételage, et consomme davantage.

Sur un tracteur, la question de l’énergie se pose moins que sur un matériel isolé, mais elle ne disparaît pas : un REMORA sur piles reste un appareil sur piles. L’estimateur d’autonomie chiffre ce que coûte une fréquence donnée avant que vous ne la choisissiez.

Deuxième réglage, celui qui rend le système utilisable au quotidien : une zone autour du dépôt. Un attelage qui se fait dans la cour est un non-événement, il ne doit rien déclencher. Un attelage qui se défait à trois cents kilomètres, en revanche, mérite d’être signalé. La façon de dessiner ces contours est détaillée dans notre article sur les géofences.

Ce qu’il faut préparer avant de poser quoi que ce soit

Nommer les remorques comme les nomment les gens. Si l’exploitation dit « la 12 », le système doit dire « la 12 », pas un numéro de série à quatorze caractères. Un parc mal nommé produit un historique que personne ne lit.

Décider qui voit quoi. Un conducteur n’a pas besoin de voir l’ensemble du parc, et un client encore moins. La question des accès se règle au moment du déploiement, pas six mois plus tard, et elle est traitée dans notre article sur la gestion des accès.

Poser les balises au même endroit sur toutes les remorques. Cela paraît anodin. C’est ce qui fait qu’une portée dégradée sur une remorque se remarque comme une anomalie, et non comme une fatalité.

En résumé

Sur un parc où les remorques sont plus nombreuses que les tracteurs, équiper chaque remorque d’un traceur cellulaire est la solution la plus chère et pas la plus utile. Un REMORA passerelle sur chaque tracteur, des balises Bluetooth sur les remorques, et l’attelage se reconstitue seul. Un OYSTER autonome sur les seules remorques qui partent longtemps hors de portée.

L’assistant de choix aide à trancher la répartition selon la taille du parc.

Vue d’ensemble du sujet : Suivi d’attelage : associer remorque et tracteur automatiquement.