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Installer et exploiter

Gérer les accès : qui voit quels équipements

Tout le monde n'a pas à voir tout le parc. Comment structurer les droits, pourquoi la restriction par équipement compte, et ce que le RGPD en attend.

5 min de lecture

Rangée de portillons de contrôle d'accès à lecteur, dans le hall d'un immeuble.
Photo McGov1258, CC BY-SA 4.0. Recadrée.

Sur une plateforme de suivi, la question des droits est souvent traitée en dernier, et réglée en donnant à tout le monde un accès complet, parce que c'est plus simple. C'est aussi ce qui produit les incidents les plus embarrassants : un sous-traitant qui voit tout le parc, un salarié qui consulte la position d'un collègue, un ancien collaborateur dont l'accès n'a jamais été fermé.

Deux dimensions à ne pas confondre

Une gestion d'accès complète se règle sur deux axes indépendants.

Ce qu'un utilisateur peut faire. Consulter la carte, modifier des équipements, créer des zones, gérer les membres, accéder à la facturation, reconfigurer des appareils. C'est la dimension des permissions.

Ce qu'un utilisateur peut voir. Tout le parc, ou seulement une partie. C'est la dimension du périmètre.

Les deux sont indépendantes, et il faut les deux. Un utilisateur peut avoir le droit de créer des zones, permission, mais seulement sur trois équipements, périmètre. Un système qui ne gère que le premier axe oblige à donner accès à tout dès qu'on veut donner un droit.

Les rôles types

Propriétaire du compte. Administre tout, y compris les membres et la facturation. Une ou deux personnes, pas davantage.

Administrateur. Gère les équipements, les zones, les alertes, mais pas la facturation. C'est le rôle des responsables d'exploitation.

Gestionnaire. Crée et modifie équipements et zones, consulte les historiques. Pas de gestion des membres.

Consultation. Lecture seule : carte, positions, historiques. C'est le rôle par défaut, et celui qui convient à la majorité des utilisateurs.

La règle : partez du rôle le plus restreint et remontez si nécessaire, jamais l'inverse. Un droit accordé « pour dépanner » ne se retire jamais.

La restriction par équipement

C'est la fonction la plus utile en pratique, et la plus souvent absente des plateformes d'entrée de gamme.

Trois situations où elle est indispensable.

Le sous-traitant. Il a besoin de voir les deux engins qu'il exploite, pas les quarante autres. Sans restriction par équipement, vous choisissez entre lui donner accès à tout le parc et ne rien lui donner.

L'organisation par site. Le responsable du dépôt Sud n'a pas besoin de suivre le matériel du dépôt Nord, et cette séparation évite autant les erreurs de manipulation que les curiosités.

Le matériel sensible. Certains équipements, véhicules de direction, matériel de forte valeur, équipements liés à un client confidentiel, ne doivent être visibles que de quelques personnes désignées.

Une bonne plateforme permet de définir ce périmètre par utilisateur ou par groupe, en lecture ou en modification, et de l'appliquer partout : carte, listes, historiques, alertes, notifications. Une restriction qui masque la carte mais laisse fuiter les positions dans les alertes ne restreint rien.

Le lien avec la conformité

Ce n'est pas seulement une question d'organisation interne.

Le principe de minimisation du RGPD impose de ne traiter que ce qui est nécessaire à la finalité poursuivie. Un accès généralisé à la position de tous les véhicules, pour tous les collaborateurs, est difficile à justifier au regard de ce principe.

Restreindre les accès est donc un élément de proportionnalité, pas un raffinement d'administration. C'est aussi ce qui permet de répondre, en cas de contrôle ou d'incident, à la question « qui pouvait voir quoi ». Le sujet est développé dans notre article sur la géolocalisation et le RGPD.

Les groupes plutôt que les exceptions

Sur un parc de taille moyenne, gérer les droits utilisateur par utilisateur devient vite ingérable : chaque arrivée, chaque départ, chaque réaffectation demande une série de réglages individuels.

Travaillez par groupes : « exploitation Nord », « sous-traitants engins », « direction ». Un nouvel arrivant rejoint un groupe et hérite de son périmètre. Un départ se règle en retirant la personne du groupe.

Les exceptions individuelles doivent rester des exceptions, et être documentées, parce que personne ne se souviendra dans six mois pourquoi telle personne a un accès particulier.

La double authentification

Un compte qui donne accès à la localisation d'un parc entier mérite mieux qu'un mot de passe.

La double authentification devrait être disponible pour tous et exigée sur les comptes administrateurs. Le raisonnement est simple : un mot de passe compromis sur un compte administrateur donne à un tiers la position en temps réel de tout votre matériel, et la possibilité de désactiver vos alertes.

L'hygiène de base

Trois habitudes qui règlent l'essentiel des incidents.

Fermer les accès au départ. C'est la faille la plus courante, et la plus évitable. Intégrez la révocation à votre procédure de sortie.

Réexaminer périodiquement. Une fois par trimestre : qui a accès, à quoi, et est-ce toujours justifié. Les droits s'accumulent naturellement, ils ne se réduisent jamais tout seuls.

Consulter le journal. Une plateforme sérieuse trace les actions sensibles : changement de droits, reconfiguration d'appareil, accès du support. Ce journal ne sert qu'après un incident, mais à ce moment-là, il est irremplaçable.

Le cas de l'accès du support

Question à poser à votre fournisseur : son support peut-il voir vos données ?

La réponse honnête est généralement oui, au moins partiellement : c'est ce qui lui permet de vous dépanner. Ce qui compte alors, c'est que cet accès soit tracé et, idéalement, soumis à votre accord. Un support qui peut consulter votre parc sans que vous puissiez le savoir est un angle mort.