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Installer et exploiter

Lire un historique de trajets et en tirer quelque chose

Un historique sert à répondre à des questions précises, pas à regarder des lignes sur une carte. Comment le lire, ce que les distances valent, et comment l'exporter.

5 min de lecture

Échangeur autoroutier vu du ciel de nuit, les voies dessinées par les traînées lumineuses des véhicules.
Photo West Midlands Police, CC BY-SA 2.0. Recadrée.

L'historique est la fonction la plus utilisée d'une plateforme de suivi, et la plus mal exploitée. La plupart des utilisateurs s'en servent pour regarder où est passé un véhicule, ce qui est le moins intéressant. Sa vraie valeur est de répondre à des questions précises, généralement posées plusieurs semaines après les faits.

Comment un trajet est reconstitué

Un traceur n'enregistre pas une ligne continue : il enregistre des points. La ligne affichée est une reconstitution, tracée entre ces points.

Cela a trois conséquences pratiques.

La finesse dépend de la fréquence d'enregistrement. Un point toutes les deux minutes donne une trace lissée qui coupe les virages. Un point toutes les dix secondes suit la route de près.

Un trajet complet peut être invisible. En mode périodique, un aller-retour effectué entre deux relevés ne laisse aucune trace. L'équipement est reparti et revenu : l'historique ne montre rien.

Le début et la fin sont des décisions. Un « trajet » commence quand l'appareil considère qu'un déplacement réel a commencé, au-delà d'un seuil de distance, et se termine après un délai d'immobilité. Deux arrêts brefs peuvent donc apparaître comme un seul trajet, ou comme deux, selon le réglage.

Ce que valent les distances affichées

La distance d'un trajet est calculée en additionnant les segments entre points enregistrés. Elle est donc systématiquement inférieure à la distance réelle : la ligne droite entre deux points coupe les courbes.

L'écart dépend de la fréquence : faible sur un enregistrement dense, notable sur un enregistrement espacé, surtout en zone sinueuse.

Autre effet, en sens inverse : le bruit de position peut ajouter des micro-déplacements sur un équipement à l'arrêt, et gonfler légèrement un total.

Ce que cela implique : une distance issue d'un historique est un ordre de grandeur fiable, pas une mesure kilométrique opposable. Pour de la facturation au kilomètre, il faut le dire, et privilégier une source dédiée.

Les questions auxquelles un historique répond bien

« Cet équipement était-il sur place ce jour-là ? » La question la plus fréquente, et celle qui règle le plus de litiges. Elle demande une profondeur d'historique suffisante, un historique de trente jours ne couvre pas un litige qui remonte à deux mois.

« Combien de temps est-il resté chez ce client ? » Croisée avec une géofence, la réponse est directe et datée.

« Depuis quand ce matériel n'a-t-il pas bougé ? » C'est l'usage le plus rentable et le moins pratiqué : identifier les actifs dormants. Un équipement immobile depuis six semaines est soit une location manquée, soit un achat de trop.

« Que s'est-il passé entre 14 h et 16 h ? » Après un incident, la chronologie fine.

« Cette tournée est-elle optimisable ? » En regardant plusieurs semaines d'un même circuit, les détours récurrents apparaissent.

Les questions auxquelles il répond mal

« Le conducteur a-t-il fait une pause ? » Un arrêt prolongé peut être une pause, un embouteillage, un chargement, ou une panne de réseau. L'historique ne fait pas la différence, et l'interpréter comme un contrôle d'activité pose en outre une question de finalité au sens du RGPD.

« Quelle était sa vitesse exacte ? » La vitesse remontée est instantanée, mesurée à l'instant du point. Elle ne dit rien de ce qui s'est passé entre deux points.

« Où était-il précisément dans cette cour ? » La précision d'une position ne permet généralement pas de distinguer deux emplacements voisins de quelques mètres.

Lire une trace sans se tromper

Regardez la source des positions. Une position satellite, une position WiFi et une position cellulaire n'ont pas la même précision, de quelques mètres à plusieurs kilomètres. Une plateforme sérieuse l'indique. Confondre les deux fait conclure à un déplacement qui n'a pas eu lieu.

Méfiez-vous des traces urbaines. Entre des immeubles, les signaux rebondissent et la position dérive. Une trace qui traverse un pâté de maisons n'est pas un raccourci : c'est un artefact de réflexion.

Ne surinterprétez pas les points isolés. Un point aberrant au milieu d'une trace propre est presque toujours une erreur de mesure, pas un déplacement éclair.

Exporter

Un historique doit pouvoir sortir de la plateforme, pour deux raisons.

L'usage métier. Joindre un relevé à une facture, à un dossier de litige, à une déclaration. Un export tabulaire, dates, positions, vitesses, s'intègre à n'importe quel outil.

La réversibilité. Pouvoir récupérer l'intégralité de vos données si vous changez de fournisseur. C'est un critère de choix à part entière : une plateforme dont on ne peut pas sortir ses données est un risque en soi. Voir notre article sur l'hébergement d'une plateforme de suivi.

Un format de trace géographique est en outre utile pour rejouer un parcours dans un outil cartographique tiers.

La durée de conservation

Elle se décide, elle ne subit pas.

Trop courte, l'historique ne couvre pas les litiges qui arrivent des mois après les faits. Trop longue, elle accumule des données personnelles au-delà de ce qui est justifiable.

Le bon réflexe : rattacher chaque durée à une finalité précise, suivi courant, preuve d'une prestation, obligation légale, et la documenter. C'est ce qu'attend le RGPD, et c'est traité dans notre article sur la géolocalisation et le RGPD.