Par type d’équipement
Suivre un troupeau entier sans équiper chaque animal
Équiper cent bêtes de traceurs cellulaires coûte cher. L'approche mixte, quelques traceurs et des balises Bluetooth, divise le coût, avec une limite qu'il faut comprendre.
4 min de lecture

Sur un troupeau de cent bêtes, équiper chaque animal d'un traceur autonome représente un budget que peu d'élevages engagent. Une approche par étages existe, nettement moins coûteuse, à condition de comprendre exactement ce qu'elle mesure, car ce n'est pas la même chose.
Le principe : une passerelle et des balises
Deux types d'appareils, deux rôles.
Le traceur autonome, un YABBY sur collier, ou un REMORA en point fixe, se localise réellement : il obtient sa position par satellite et la transmet par le réseau cellulaire. C'est ce qui vous dit où se trouve le groupe.
La balise Bluetooth, le DOT, 44,40 € TTC, ne se localise pas. Elle émet un signal de proximité. Quand elle passe à portée d'un traceur capable de faire passerelle, celui-ci la détecte et remonte l'information. C'est ce qui vous dit qui est présent auprès du groupe.
La combinaison donne : « le groupe est dans la parcelle nord, et les balises 12, 17 et 43 sont avec lui ».
Ce que cette approche dit, et ce qu'elle ne dit pas
C'est le point décisif, et celui sur lequel un dispositif mal compris déçoit.
Une balise Bluetooth n'a pas de position propre. Sa localisation est celle de la passerelle qui l'a vue. Si l'animal porteur s'éloigne du groupe, la balise sort de portée : vous n'apprenez pas où il est allé, vous apprenez seulement qu'il n'est plus là.
C'est une information utile, l'absence d'un animal du groupe est précisément ce qu'on veut détecter, mais ce n'est pas une localisation. Retrouver l'animal absent suppose alors une recherche classique, ou qu'il porte lui-même un traceur autonome.
Autrement dit : les balises font l'inventaire, les traceurs font la localisation.
Quels appareils peuvent faire passerelle
Seuls deux modèles du catalogue en sont capables : le REMORA et le GRIFFIN. Un YABBY ou un OYSTER ne détectent pas les balises Bluetooth.
Deux montages possibles selon la configuration de l'élevage.
Passerelle mobile. Un REMORA porté par un animal meneur, ou fixé sur un véhicule qui circule quotidiennement entre les parcelles. Les balises sont relevées au passage.
Passerelle fixe. Un REMORA à un point de passage obligé, abreuvoir, couloir de contention, entrée de bâtiment. Chaque animal est alors relevé lorsqu'il y passe, ce qui donne un inventaire régulier sans avoir à parcourir les parcelles.
La passerelle fixe est souvent la plus efficace : les animaux viennent à elle.
Le calcul économique
Comparons deux approches sur un troupeau de cent têtes.
| Approche | Composition | Coût matériel TTC |
|---|---|---|
| Tout en traceurs autonomes | 100 × YABBY + collier | 31 209,60 € |
| Mixte | 3 × YABBY + collier, 1 × REMORA passerelle, 96 × DOT | 5 637,68 € |
Les montants sont toutes taxes comprises, TVA française à 20 %, calculée une fois sur le total hors taxes, hors mise en service du compte, due une seule fois.
Le premier montage coûte cinq fois et demie le second. L'écart ne se paie pas en qualité de fabrication, mais en nature d'information : la seconde approche localise trois animaux et inventorie les autres.
Pour beaucoup d'élevages, c'est exactement ce dont ils ont besoin. Pour d'autres, animaux de forte valeur unitaire, parcellaire très éclaté, la localisation individuelle reste nécessaire.
L'autonomie des balises
Une balise Bluetooth consomme très peu : elle ne fait qu'émettre un signal court à intervalle régulier, sans jamais chercher de satellite ni ouvrir de connexion cellulaire. Le DOT est donné pour cinq à dix ans et plus selon sa configuration d'émission.
Sa pile n'est pas remplaçable : le boîtier est scellé, ce qui lui permet de tenir l'étanchéité IP68 et la résistance aux chocs, deux propriétés indispensables sur un animal. En fin de vie, la balise se remplace, à 44,40 € TTC.
Côté passerelle, en revanche, le balayage Bluetooth consomme. Un REMORA qui scanne en permanence tient moins longtemps qu'un REMORA qui se contente de remonter sa position. C'est un arbitrage à faire au réglage, et l'estimateur d'autonomie le chiffre.
Avant de se lancer
Trois vérifications, dans l'ordre.
La couverture réseau sur les parcelles. Elle conditionne tout : sans réseau, la passerelle enregistre mais ne transmet pas.
Le point de passage. Si vous optez pour une passerelle fixe, existe-t-il un endroit par lequel tous les animaux passent réellement, et à quelle fréquence ? Un point de passage hebdomadaire donne un inventaire hebdomadaire, pas un suivi quotidien.
La tenue des balises sur les animaux. Une balise perdue au premier hiver ne remonte plus rien, et rien ne distingue une balise tombée d'un animal absent.
La page bétail et animaux donne la vue d'ensemble, et notre article sur le traceur GPS pour bétail traite le cas de la localisation individuelle.
Vue d’ensemble du sujet : Traceur GPS pour bétail et animaux.