Aller au contenu
HOROMAP

Technique et autonomie

LTE-M ou NB-IoT : la seule chose à vérifier avant d'équiper un site

Deux réseaux cellulaires pour objets, aux propriétés opposées. Pourquoi le choix ne vous appartient pas, et pourquoi la vraie question est la couverture réelle là où votre matériel se trouve.

5 min de lecture

Pylône de téléphonie mobile garni de panneaux d’antennes, sur ciel dégagé.
Photo David Ratledge, CC BY 4.0. Recadrée.

Une parcelle en fond de vallée, un troisième sous-sol, une cour encaissée entre deux bâtiments : ce sont ces endroits-là qui décident si votre traceur remontera quelque chose. Pas le nom du réseau qu'il emprunte.

LTE-M et NB-IoT sont deux réseaux cellulaires conçus pour les objets, portés par les mêmes opérateurs et les mêmes antennes que la téléphonie. Leurs propriétés diffèrent, et il est utile de savoir en quoi, ne serait-ce que pour lire une fiche technique. Mais la décision qui vous revient n'est pas de choisir entre les deux : c'est de vérifier la couverture là où votre matériel va réellement passer ses journées.

Pourquoi pas le réseau des téléphones

Un réseau conçu pour la voix et la vidéo optimise le débit. Un traceur, lui, envoie quelques centaines d'octets, quelques fois par jour, depuis un endroit parfois mal couvert, et doit tenir des années sur des piles.

Les besoins sont donc inversés : très peu de débit, mais une excellente pénétration dans les bâtiments et une consommation minimale. C'est exactement ce que visent LTE-M et NB-IoT.

Les deux apportent aussi des mécanismes d'économie d'énergie qui n'existent pas sur le réseau classique, notamment la possibilité pour l'appareil de se déclarer endormi pendant une longue période, en indiquant au réseau de ne pas chercher à le joindre. C'est ce qui permet de dormir des heures sans être réveillé par le réseau.

LTE-M : la mobilité

Ses atouts. Il supporte le déplacement : un appareil qui roule peut passer d'une antenne à l'autre sans perdre sa connexion. Sa latence est faible, ce qui permet des échanges rapides.

Sa limite. Il pénètre un peu moins bien dans les structures profondes que le NB-IoT, et sa couverture reste moins étendue dans certains pays.

Pour quels usages. Tout ce qui bouge en communiquant : véhicules, engins, envois en transit, dispositifs anti-vol où la réactivité compte.

NB-IoT : la profondeur

Ses atouts. Une pénétration remarquable, sous-sols, parkings, intérieurs de bâtiments, une consommation extrêmement faible, et une capacité à raccorder un très grand nombre d'appareils par antenne.

Ses limites. Il ne gère pas bien le déplacement : conçu pour des appareils fixes, il peut perdre sa connexion en mouvement. Sa latence est élevée, plusieurs secondes, parfois davantage.

Pour quels usages. Compteurs, capteurs fixes, équipements stationnaires en environnement difficile. Sur un traceur mobile, c'est un mauvais choix.

Face à face

LTE-M NB-IoT
Mobilité Bonne Mauvaise
Pénétration Bonne Excellente
Latence Faible Élevée
Consommation Faible Très faible
Usage type Équipement mobile Capteur fixe

Ce que ça change pour vous : peu de choses

Voici le point rassurant : ce n'est pas une décision d'achat.

Les traceurs sont livrés avec une carte SIM et une configuration réseau prêtes. L'appareil sélectionne ce qui est disponible là où il se trouve, et bascule d'une technologie à l'autre selon la couverture. Vous n'avez ni opérateur à choisir, ni abonnement à souscrire, ni paramètre à saisir.

Ce qui vous concerne réellement, c'est la couverture sur vos sites, et elle ne dépend ni de votre traceur, ni de votre fournisseur, mais des antennes déployées autour de vous.

La vraie question : y a-t-il du réseau là où va votre matériel

C'est la seule vérification qui compte, et elle se fait sur le terrain.

Les zones à surveiller : parcelles agricoles étendues, fonds de vallée, sous-sols, hangars métalliques, zones portuaires denses, et certains pays hors d'Europe.

Bonne nouvelle : un traceur sans réseau n'est pas perdu. Il enregistre ses positions en mémoire et les transmet dès qu'il retrouve du signal. Vous récupérez donc l'historique complet, avec du retard. Ce qui est perdu, ce n'est pas l'information, c'est son immédiateté, ce qui n'est un problème que pour les alertes.

La bonne pratique : équiper deux ou trois appareils avant de déployer un parc entier, et observer pendant quelques semaines. Aucune carte de couverture ne remplace ce test.

L'itinérance à l'international

Un traceur qui traverse des frontières change de réseau. Chez HOROMAP, la carte SIM est incluse et gère l'itinérance : il n'y a pas de SIM à changer ni d'abonnement local à souscrire.

Les disponibilités varient toutefois selon les pays : certains marchés ont largement déployé le NB-IoT, d'autres le LTE-M, quelques-uns ni l'un ni l'autre en dehors des zones urbaines. Sur un flux international régulier, cela vaut la peine d'être vérifié en amont, et c'est l'une des raisons pour lesquelles le GRIFFIN, destiné au transport international, complète le cellulaire par le balayage WiFi.

Ce qu'il faut retenir, et comment le vérifier

LTE-M pour ce qui bouge, NB-IoT pour ce qui reste en place et se trouve profondément enfoui. Vos traceurs basculent de l'un à l'autre sans vous, et aucune de vos décisions d'achat ne dépend de cet arbitrage.

Ce qui dépend de vous tient en une phrase : commandez quelques appareils avant d'en commander cinquante. Posez-les précisément aux endroits que vous jugez les plus difficiles, le fond de cour, le sous-sol, la parcelle la plus reculée, et laissez-les remonter pendant deux semaines. Une carte de couverture d'opérateur est une moyenne calculée à l'extérieur, à hauteur d'homme ; votre local technique est un cas particulier.

Si un emplacement ne passe pas, la réponse n'est presque jamais de changer de réseau ou de modèle. C'est de déplacer le boîtier de quelques dizaines de centimètres, ou de le sortir de la masse métallique qui l'entoure. Notre article sur l'installation d'un traceur détaille les emplacements qui tiennent et ceux qui condamnent la remontée.

Vue d’ensemble du sujet : Traceur GPS pour les zones sans couverture réseau.