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Comprendre le suivi d’assets

Suivi au mouvement ou suivi périodique : lequel choisir

Les deux modes de fonctionnement d'un traceur autonome, ce qu'ils donnent, ce qu'ils coûtent en autonomie, et comment trancher selon ce que vous suivez.

5 min de lecture

File de tracteurs routiers stationnés côte à côte sur une aire, devant un relief boisé.
Photo prayitnophotography (Flickr), CC BY 2.0. Recadrée.

Un traceur autonome fonctionne selon deux modes, et le choix entre les deux est la décision de configuration la plus structurante : elle détermine à la fois ce que vous verrez et combien de temps l'appareil tiendra. Tout le reste, seuils, périodes, n'est qu'un ajustement à l'intérieur du mode retenu.

Le suivi au mouvement

L'appareil dort. Un accéléromètre le réveille dès qu'il détecte une accélération. Il vérifie alors qu'il s'agit d'un véritable déplacement, au-delà d'un seuil de distance, pour ne pas confondre une vibration avec un trajet, et démarre un « trajet ».

Pendant le trajet, il enregistre des positions rapprochées et les transmet à intervalle plus large. À l'arrêt, après un délai d'immobilité, il clôt le trajet et repasse en veille.

Ce que vous obtenez : l'itinéraire suivi, les arrêts, les durées, la distance. Une trace, pas des points isolés.

Ce que ça coûte : beaucoup plus d'énergie qu'un simple relevé périodique, et une consommation qui dépend de l'usage réel, un équipement qui roule tous les jours vide ses piles bien plus vite que le même appareil sur du matériel immobile.

Pour quoi c'est fait : véhicules, engins qui se déplacent, matériel dont le trajet compte, dispositifs anti-vol où la réactivité au mouvement est le cœur du besoin.

Le suivi périodique

Le suivi de trajet est désactivé. L'appareil se réveille à intervalle fixe, toutes les six heures, une fois par jour, une fois par semaine, prend une position, la transmet, et se rendort.

Ce que vous obtenez : un point régulier. Vous savez où était l'équipement à chaque relevé. Entre deux relevés, vous ne savez rien : un aller-retour effectué dans l'intervalle est invisible.

Ce que ça coûte : beaucoup moins. C'est le mode qui permet les autonomies les plus longues, et sa consommation est prévisible, elle ne dépend pas de l'usage, seulement de l'intervalle.

Pour quoi c'est fait : conteneurs, remorques en parc, matériel dormant, inventaire, tout ce dont on veut connaître la localisation sans avoir besoin du chemin parcouru.

La différence en une phrase

Le suivi au mouvement vous dit par où l'équipement est passé. Le suivi périodique vous dit où il est.

Beaucoup de parcs n'ont besoin que du second et paient le premier sans l'avoir décidé, en durée de vie de piles, puis en interventions de remplacement.

L'écart d'autonomie, concrètement

Il est considérable, et c'est ce qui rend le choix décisif.

Un même appareil peut tenir près de dix ans en mode périodique avec un relevé espacé, et quelques mois en mode mouvement sur un équipement qui roule quotidiennement avec un enregistrement fin. Ce n'est pas un écart de 20 % : c'est un ordre de grandeur.

Plutôt que d'accepter des chiffres de brochure, faites le calcul sur vos propres réglages : l'estimateur d'autonomie applique les modèles du fabricant aux deux modes et affiche le nombre d'années correspondant.

Comment trancher

Posez-vous une seule question : à quoi servira l'information ?

Si la réponse est « retrouver l'équipement », « savoir s'il est encore sur le site », « faire l'inventaire » → périodique. Un relevé quotidien suffit dans l'immense majorité des cas, et un relevé hebdomadaire suffit sur du matériel dormant.

Si la réponse est « justifier une tournée », « analyser des trajets », « facturer un déplacement », « réagir à un mouvement » → au mouvement.

Si vous hésitez, commencez par le périodique. Il est toujours possible de passer au mode mouvement ensuite, alors qu'un parc dont les piles sont vides au bout de six mois se rattrape moins facilement.

Le cas particulier de l'anti-vol

L'usage anti-vol est le seul où le mode mouvement se justifie même sur un équipement immobile.

L'intérêt n'y est pas la trace, mais la réaction : l'accéléromètre détecte un mouvement qui n'aurait pas dû avoir lieu, et l'alerte part immédiatement. Un mode périodique ne vous préviendrait qu'au relevé suivant, potentiellement plusieurs heures plus tard.

Un montage courant consiste à combiner les deux logiques : relevés espacés en fonctionnement normal, et réveil sur mouvement pour la réactivité. On obtient une bonne autonomie sur un équipement qui ne bouge pas, et une alerte immédiate le jour où il bouge.

Les réglages qui comptent à l'intérieur de chaque mode

En mode périodique, un seul paramètre : l'intervalle entre deux relevés. Plus il est long, plus l'autonomie est grande. Attention toutefois : un intervalle très long fait repartir l'appareil d'un démarrage à froid à chaque fois, ce qui coûte plus cher par position. Le gain n'est pas proportionnel : c'est justement pour cela qu'il faut un modèle de calcul plutôt qu'une règle de trois.

En mode mouvement, deux paramètres principaux. La période d'enregistrement détermine la finesse de la trace ; la période de transmission détermine la fraîcheur de l'information. Les deux sont indépendantes : on peut enregistrer finement et transmettre rarement, ce qui donne une trace précise avec une consommation maîtrisée, au prix d'une information qui arrive avec du retard.

Les presets proposés dans l'estimateur correspondent aux cas d'usage les plus courants et donnent un point de départ raisonnable.